Les pellicules apparaissent quand le renouvellement des cellules du cuir chevelu s’accélère anormalement. Normalement, les cellules de l’épiderme mettent environ 28 jours à se renouveler et se détachent une à une, de façon invisible. Quand ce cycle s’emballe, les cellules arrivent en surface par paquets, forment des amas visibles, et voilà : les petites squames blanches ou grisâtres sur les épaules. Ça concerne environ une personne sur deux en France, et les causes sont différentes selon le type de pellicules.
La réponse en bref
- Les pellicules sèches (fines, blanches, volatiles) sont liées à un cuir chevelu asséché ou irrité par des produits trop agressifs, le froid ou l’eau calcaire
- Les pellicules grasses (jaunâtres, épaisses, collantes) sont liées à un excès de sébum et à la prolifération d’un champignon naturellement présent sur le cuir chevelu, le Malassezia
- Les facteurs aggravants sont communs aux deux types : stress, fatigue, changement de saison, shampoings inadaptés
- Les traitements existent et sont efficaces, mais ils contrôlent les symptômes sans éliminer définitivement la cause – un entretien régulier est souvent nécessaire
Pellicules sèches et pellicules grasses : ce n’est pas le même problème
Avant de chercher une solution, il est utile de savoir quel type de pellicules vous avez, car les causes et les réponses sont différentes.
Les pellicules sèches
Ce sont les plus courantes. Elles se présentent sous forme de fines squames blanches, légères et volatiles, qui tombent facilement sur les épaules comme une petite poussière. Le cuir chevelu est sec, il peut tirailler, mais il n’est généralement pas rouge ni enflammé.
Leurs causes principales :
- Des shampoings trop agressifs (contenant des sulfates puissants ou des parfums irritants) qui décapent le film protecteur du cuir chevelu
- L’eau très calcaire, qui assèche et irrite à chaque lavage
- Le froid, l’air sec, la climatisation : en hiver ou dans les environnements fermés et chauffés, le cuir chevelu se déshydrate
- Le coiffage agressif : sèche-cheveux trop chaud, lisseur, colorations fréquentes
Les pellicules grasses
Elles ont un aspect différent : jaunâtres, plus épaisses, collantes, elles adhèrent au cuir chevelu et aux racines. Elles s’accompagnent souvent de rougeurs, de démangeaisons, et d’un cuir chevelu visiblement gras. C’est ce qu’on appelle la dermite séborrhéique du cuir chevelu.
Leur mécanisme est plus complexe et repose sur trois facteurs qui interagissent :
- Le champignon Malassezia : présent naturellement sur tous les cuirs chevelus, il prolifère quand le milieu lui est favorable (chaud, gras). En se nourrissant du sébum, il produit des substances irritantes qui déclenchent une inflammation et accélèrent le renouvellement cellulaire.
- L’excès de sébum : le cuir chevelu produit naturellement du sébum pour se protéger. Sous l’influence des hormones (notamment les androgènes), cette production peut augmenter, créant un terrain favorable au Malassezia. C’est pourquoi les pellicules grasses apparaissent souvent à la puberté et touchent davantage les hommes.
- La prédisposition génétique : certaines personnes réagissent plus fortement à la présence du Malassezia que d’autres, ce qui explique pourquoi tout le monde ne développe pas de pellicules malgré la présence du champignon.
Les facteurs qui aggravent les pellicules
Quel que soit le type de pellicules, certains facteurs peuvent déclencher une poussée ou entretenir le problème :
- Le stress et la fatigue : ils modifient l’équilibre hormonal et la réponse inflammatoire du cuir chevelu. Beaucoup de personnes constatent une recrudescence de pellicules pendant les périodes de tension.
- Le changement de saison : le passage à l’automne/hiver (froid + chauffage) et le début du printemps sont des périodes classiques d’apparition.
- La pollution et le manque d’ensoleillement.
- Les produits coiffants huileux ou occlusifs : ils créent un environnement favorable à la prolifération du Malassezia.
- Les lavages trop fréquents ou pas assez fréquents : paradoxalement, les deux extrêmes posent problème. Trop de lavages décapent, pas assez laissent le sébum s’accumuler.
Ce que les pellicules ne sont pas
Les pellicules sont bénignes et très courantes, mais elles peuvent être confondues avec d’autres affections du cuir chevelu qui nécessitent une prise en charge différente :
- Le psoriasis du cuir chevelu : les plaques sont plus épaisses, bien délimitées, avec des squames argentées. D’autres lésions de psoriasis sont souvent présentes sur le corps (coudes, genoux).
- Les lentes (poux) : contrairement aux pellicules, elles adhèrent fermement au cheveu et ne se détachent pas facilement. Un peigne fin permet de les distinguer.
- La teigne (chez l’enfant surtout) : une infection fongique qui peut provoquer des zones de chute de cheveux et nécessite un traitement médical rapide.
En cas de doute, un dermatologue peut faire la différence en quelques minutes à l’aide d’un dermatoscope.

Comment les traiter
Point important : les traitements antipelliculaires sont efficaces mais « suspensifs ». Ils contrôlent les symptômes sans éliminer définitivement la cause. Cela signifie qu’un traitement d’entretien régulier est souvent nécessaire pour éviter les récidives.
Pour les pellicules sèches
- Passez à un shampoing doux, sans sulfates agressifs et sans parfum
- Espacez les lavages si vous lavez vos cheveux tous les jours
- Évitez l’eau très chaude et le sèche-cheveux à haute température
- Un soin hydratant pour cuir chevelu (gel d’aloe vera, huile de jojoba en massage) peut aider à restaurer le confort
Pour les pellicules grasses
- Utilisez un shampoing antipelliculaire contenant des actifs reconnus : zinc pyrithione, piroctone olamine, sulfure de sélénium ou acide salicylique. Ces actifs agissent sur le champignon, freinent la multiplication cellulaire et réduisent l’inflammation.
- Traitement d’attaque : 2 à 3 fois par semaine pendant 2 à 4 semaines, avec un temps de pose de 3 à 5 minutes (ne pas juste rincer immédiatement).
- Entretien : 1 fois par semaine ou toutes les 2 semaines, en alternance avec un shampoing doux.
- Pour les formes sévères, un dermatologue peut prescrire un shampoing au kétoconazole ou au ciclopirox olamine, en partie remboursés.
Les gestes du quotidien qui aident
- Respectez le temps de pose de votre shampoing traitant. C’est le geste le plus sous-estimé : un shampoing antipelliculaire rincé en 30 secondes n’a pas le temps d’agir.
- Évitez les produits coiffants gras ou occlusifs pendant les poussées (huiles, cires, sprays lourds).
- Limitez les colorations chimiques à base d’ammoniaque pendant les poussées, elles aggravent l’inflammation.
- Gérez le stress quand c’est possible : ce n’est pas un conseil creux. Le stress est l’un des déclencheurs les plus documentés des poussées pelliculaires.
- Si le traitement ne fonctionne pas après un mois, consultez un dermatologue. Il pourra adapter le traitement ou vérifier qu’il ne s’agit pas d’une autre affection.
Questions fréquentes
Les pellicules sont-elles contagieuses ?
Non. Le champignon Malassezia est présent naturellement sur le cuir chevelu de tout le monde. Ce n’est pas un microbe qu’on « attrape » : c’est sa prolifération excessive, liée à des facteurs individuels (sébum, prédisposition, stress), qui provoque les pellicules. Vous ne risquez rien en partageant un peigne ou un bonnet.
Faut-il se laver les cheveux plus souvent pour se débarrasser des pellicules ?
Pas forcément. La fréquence idéale dépend du type de pellicules. Pour les pellicules sèches, des lavages trop fréquents aggravent le problème. Pour les pellicules grasses, un lavage régulier (2 à 3 fois par semaine) avec un shampoing adapté aide à limiter l’accumulation de sébum. Ce qui compte plus que la fréquence, c’est le choix du shampoing et le temps de pose.
Les pellicules peuvent-elles provoquer la chute des cheveux ?
Les pellicules en elles-mêmes ne provoquent pas de chute de cheveux. En revanche, un cuir chevelu très irrité et le grattage chronique peuvent fragiliser les racines à la longue. Si vous constatez une chute de cheveux inhabituelle en plus des pellicules, consultez un dermatologue pour écarter d’autres causes.
Pourquoi mes pellicules reviennent dès que j’arrête le traitement ?
C’est normal. Les traitements antipelliculaires contrôlent le problème sans en éliminer la cause. Le Malassezia est toujours présent sur le cuir chevelu, et les facteurs individuels (sébum, prédisposition) ne disparaissent pas. C’est pourquoi un traitement d’entretien régulier (1 shampoing traitant par semaine ou toutes les 2 semaines) est recommandé pour maintenir l’équilibre.
Les remèdes naturels sont-ils efficaces contre les pellicules ?
Certains ingrédients naturels peuvent soulager un état pelliculaire léger : le vinaigre de cidre dilué en rinçage aide à rétablir le pH, l’huile de tea tree a des propriétés antifongiques, et l’aloe vera apaise l’inconfort. Mais pour les pellicules grasses persistantes (dermite séborrhéique), les actifs cosmétiques ou pharmaceutiques (zinc pyrithione, piroctone olamine, kétoconazole) sont généralement plus efficaces et mieux documentés.
Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un dermatologue.


